Le verbe du jour : remuer

Selon le contexte, le verbe du jour est synonyme de : bouger, changer, secouer.

Si l’on regarde de plus près le verbe remuer et son étymologie, on y trouve le verbe muer qui est aussi synonyme de changer. Par exemple, la voix des garçons mue pendant l’adolescence. Certains reptiles (les lézards et les serpents) muent en perdant leur peau. Ce phénomène est appelé la mue. Il est important de souligner que le verbe remuer n’a pas de dérivé nominal (la remue n’existe pas !).

Selon le contexte, remuer peut prendre différents sens :

– en cuisine, remuer serait le contraire de laisser reposer. À l’aide d’une cuillère ou d’un autre ustensile, on remue une soupe dans une casserole pour éviter qu’elle brûle ou qu’elle reste collée au fond de la casserole. En revanche, je ne dirais pas que je remue des oeufs, je dirais plutôt que je bats des oeufs.

– une personne qui n’arrête pas de remuer est une personne qui bouge beaucoup (tellement qu’elle en devient agaçante). Dans ce contexte, remuer peut avoir une connotation négative alors que l’adjectif remuant est plutôt positif (une personne remuante est en général dynamique et active).

Quelques expressions contenant le verbe remuer :

*remuer ciel et terre : faire toutes les démarches possibles et imaginables en vue d’obtenir ou de résoudre quelque chose.

Exemple : Il a remué ciel et terre pour obtenir son visa.

*remue-méninges : en langage familier, les méninges désignent le cerveau (comme dans l’expression se creuser les méninges). Si l’on remue nos méninges, on comprend donc qu’on réfléchit de manière intense. Un remue-méninges est l’équivalent de l’anglais brainstorming.

*remue-ménage : à ne pas confondre avec le mot précédent. Un remue-ménage est un grand bruit, un grand vacarme.

remue ménage

Exemple : Vivement que mes voisins mettent fin aux travaux, ce remue-ménage me fatigue.

*remuer la merde : cette expression vulgaire et imagée (et à utiliser avec précaution !) parle d’elle-même. Une personne qui aime remuer la merde est une personne qui aime remettre sur le tapis d’anciennes histoires que tout le monde préfère oublier.

Exemple : Comme tu adores remuer la merde, tu n’as pas pu t’empêcher de lui reparler du divorce !

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L’expression du jour : en remettre une couche

Non, l’expression du jour n’a rien à voir avec la peinture (malgré la photo que j’ai choisie), la pâtisserie ou les bébés !

En remettre une couche signifie qu’on insiste lourdement, qu’on exagère ou qu’on répète quelque chose alors que personne ne nous l’avait demandé. On en remet une couche quand on manque de discernement (la capacité d’observer et de distinguer) et de bon sens ou de jugeote.

Pour bien illustrer cette expression, voici quelques exemples en contexte:

– Lors d’une conversation, une personne semble gênée ou vexée parce qu’on vient de lui poser une question embarrassante. Si vous remettez le même sujet sur le tapis, si vous revenez à la charge, vous venez d’en remettre une couche !

couche de peinture

– Vous assistez à un concert de musique horripilant, visiblement les musiciens ne sont pas dans un bon jour. Alors que tous les spectateurs, pressés d’en finir, pensent que le concert est terminé, les musiciens décident de faire “durer le plaisir” et de jouer un autre morceau. Ils en remettent une couche (ils ne sont pas rendus compte que le public en avait marre) !

Il est intéressant d’observer que cette expression est dérivée d’une autre expression du XIXème siècle “en tenir une couche” qui est encore utilisée aujourd’hui pour parler d’une personne bête. Comme si cette couche nous “embuait” l’esprit et le jugement …

En remettre une couche est encore très utilisée aujourd’hui. On emploie aussi l’expression similaire en rajouter.

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Le jargon hippique dans le vocabulaire courant …

Une personne qui visite la France pour la première fois risque d’être assez surprise par la forte présence du milieu hippique et surtout des paris hippiques dans la vie quotidienne des Français.

Revues spécialisées en kiosque grâce auxquelles les passionnés se renseignent sur les courses à venir, la forme des chevaux et des jockeys ou les cotes (par exemple une cote à 10 contre 1 si le parieur pense que le cheval a dix chances de perdre contre une chance de gagner), résultats du tiercé/quarté/quinté aux heures de grande audience (pour les non-initiés, le tiercé consiste à trouver les trois premiers arrivants de la course, le quarté les quatre, etc …), noms d’hippodromes, chevaux et courses devenus familiers pour un grand nombre de Français (même pour ceux qui n’ont jamais parié), sans oublier l’incontournable bar PMU (PMU – Pari Mutuel Urbain – étant la société qui gère les paris hippiques) où le parieur peut suivre les courses en direct. Impossible de passer à côté, les courses sont partout !

D’autre part, il est bon de rappeler que l’équitation est, en France, le troisième sport qui compte le plus de licenciés !

bar PMU.

Cette passion pour les courses et pour les chevaux trouve donc naturellement écho dans le vocabulaire quotidien et les expressions courantes :

En cliquant sur le lien suivant http://eclaircie.canalblog.com/archives/2010/06/03/18103691.html, vous trouverez une liste exhaustive d’expressions directement inspirées du milieu hippique.
Parmi ces expressions, je me suis permis de sélectionner les plus courantes et d’en donner une brève définition:

mettre (à une personne) le pied à l’étrier : l’étrier est l’anneau dans lequel le cavalier met le pied pour grimper plus facilement sur le cheval.

= mettre une personne sur les bons rails, sur la bonne voie, donner un coup de pouce à quelqu’un.

se remettre en selle : comme le cycliste sur son vélo, le cavalier est assis sur une selle. Se remettre en selle, comme on peut le deviner, signifie qu’on est de nouveau sur la bonne voie après une période difficile.
= se rétablir, se redresser

lâcher la bride à quelqu’un : la bride est un ensemble de lanières (= bandes de cuir) dans laquelle on passe la tête du cheval (voir photo ci-dessous). Quand on retire la bride, on libère la tête du cheval. Lâcher la bride signifie donc rendre ou donner liberté d’action et de manoeuvre.
On trouve également le mot bride dans l’expression à bride abattue qui signifie à toute vitesse.
Exemple : Il devait être pressé car il est parti à bride abattue.

bride

ménager sa monture : dans ce cas, la monture désigne le cheval (ce mot peut aussi désigner d’autres animaux). Cette expression signifie faire une pause, prendre un peu de repos.
Exemple : Tu devras ménager ta monture si tu veux arriver en forme au moment des examens.

avoir des oeillères : les oeillères sont placées sur les yeux des chevaux pour éviter qu’ils ne regardent sur les côtés lors de la course (et du même coup éviter que le cheval se distraie). Une personne qui a des oeillères est une personne aux idées étroites.

tenir les rênes : le cavalier dirige le cheval à l’aide des rênes. Tenir les rênes signifie contrôler, commander.

être à cheval sur : se dit par exemple d’une personne qui est à cheval sur le règlement, c’est-à-dire qu’elle suit le règlement à la lettre, qu’elle l’applique scrupuleusement.

monter sur ses grands chevaux : s’emporter, s’énerver au point de devenir agressif.

J’invite les lecteurs qui aimeraient se familiariser avec ce jargon à cliquer sur ce lien http://www.turfoo.fr/dictionnaire-hippique/. Ils y trouveront un lexique très ample du milieu hippique.

Pour réutiliser les expressions que j’ai citées précédemment, voici un petit exercice :

– Mon chef croit qu’il commande mais ce n’est pas lui qui ………………. de l’entreprise !
– Je dois remercier mon ami qui m’a …………………… dans le monde du spectacle. Sans lui, je n’y serais jamais entré.
– C’est impossible de débattre avec eux. Ils ont des …………., ils ne veulent rien entendre et en plus ils montent tout de suite …………….. !
– Ils ne pardonnent aucun retard car ils sont ………………….. sur les horaires.

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L’expression du jour : un grand dadais

Quelle est la première image qui nous vient à l’esprit lorsqu’on parle d’un grand dadais?

Celle d’un adolescent, les bras ballants (tout raides et le long du corps), trop grand pour son âge (tiens, tiens, ça commence à me dire quelque chose !), pas encore musclé, boutonneux et niais. Être niais (on dit aussi nigaud), c’est rire, ricaner pour rien, c’est raconter des bêtises en permanence (oui, vraiment, je me revois à 14 ans !). Le grand dadais est un peu lent, emprunté, maladroit, il ne sait pas que faire de ce corps trop grand et “encombrant” …
Grand dadais fait toujours référence à un homme.

Le grand dadais c’est par exemple le grand Dalton (Averell) :

averell dalton

Un adulte aussi peut être appelé grand dadais car on emploie aussi cette expression péjorative pour se référer à une personne immature ou qui fait des choses qui ne sont pas de son âge. Par exemple, un père de famille qui passe plus de temps que ses enfants sur la console de jeux !

L’origine du mot dadais n’est pas très claire. Il semblerait qu’il vienne d’une onomatopée mais je ne vois pas très bien à quel son il pourrait correspondre. Je rappelle que l’onomatopée est la transcription écrite d’un son (Miaou ! Clap-clap ! Ding-dong ! …).

Dadais pourrait être un dérivé de dada qui, dans le langage familier et enfantin, signifie cheval.
À ce sujet, on se rappelle du fameux slogan de Omar Sharif dans une publicité pour le tiercé (course de chevaux) : “Le tiercé, c’est mon dada !” Jeu de mots sur le double sens de dada : cheval et passion.

Pour parler d’une personne grande et maigre, on trouve également l’expression grand échalas (un échalas est un pieu servant à soutenir la vigne). Néanmoins, cette expression ne couvre que l’aspect physique de la personne.

Enfin, pour les lecteurs hispanophones, je n’ai trouvé qu’une traduction satisfaisante à grand dadais : grandullón.

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L’expression du jour : remuer le couteau dans la plaie

Cette expression, visuellement désagréable, signifie qu’on accentue la douleur morale d’autrui en évoquant un souvenir desagéable pour cette personne.

Pour trouver l’origine de cette expression, il suffit de s’imaginer la douleur physique insupportable de la personne à qui l’on remuerait un couteau dans une plaie (au sens littéral du terme). L’expression s’est peu à peu éloignée de son sens propre et le couteau ne réveille plus une douleur physique mais bien morale.

Exemple : “Il prenait un malin plaisir à remettre sur le tapis (= ressortir) ces affaires. Il ne faisait que remuer le couteau dans la plaie.”
Cela signifie qu’en évoquant ce souvenir, la personne en question nous fait souffrir ou qu’elle ravive des douleurs (morales) enfouies et pas encore “cicatrisées”.

Je rappelle qu’une plaie est une ouverture de la chair avant la cicatrisation.
Pour en savoir plus sur tous les types de blessures et douleurs, je joins un lien à cet article publié il y a plusieurs mois :

https://labaguettechezlepaamboli.wordpress.com/2012/04/10/se-faire-mal-petits-et-gros-bobos/

L’expression du jour est à rapprocher de l’expression en remettre une couche même si celle-ci est plus générique.

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Le verbe du jour : clocher

On utilise le verbe clocher pour parler d’une chose qui :
– n’est pas claire
– ne tourne pas rond
– ne va pas bien
– ne fonctionne pas

Si vous dites qu’une histoire cloche c’est parce qu’elle vous semble saugrenue ou abracadabrante ou parce qu’il vous semble que certains détails de l’histoire vous échappent …

On utilise généralement le verbe clocher de manière impersonnelle : “Ça cloche.” / “Il y a quelque chose qui cloche.”
On utilise très rarement ce verbe avec un groupe nominal sujet. On préfère dire qu'”il y a quelque chose qui cloche dans l’ordinateur” que “l’ordinateur cloche”.
D’autre part, on ne l’utilise jamais dans le cas d’une personne. On ne dit pas “ton ami cloche” !

Le verbe clocher vient du latin claudicare qui signifie boiter. En effet, lorsqu’on ressent une forte douleur à la jambe, on boite, on marche de travers parce que la douleur nous empêche de marcher correctement. D’une certaine façon, une histoire qui cloche est aussi un peu “boiteuse” parce qu’elle va de travers ! Il semblerait d’ailleurs que le mot clochard ait la même étymologie.

1312266-Jacques_Callot_le_Boiteux

Enfin, je tiens à préciser que la cloche de l’église a une tout autre origine que notre verbe du jour. Pour en savoir plus : http://www.chilton.com/paq/archive/PAQ-00-208.html.

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C’est à prendre au premier ou au deuxième degré ?

Prendre une blague, une remarque ou un message au premier degré signifie qu’on doit l’appliquer de manière stricte et qu’on doit le prendre au pied de la lettre. Si un message doit être pris au premier degré, c’est parce qu’il ne donne lieu à aucune interprétation. Il ne faut donc ni chercher midi à quatorze heures, ni essayer de lire entre les lignes. On se contente donc d’appliquer ce qui est écrit !

Au contraire, on doit prendre un message au second degré lorsqu’on doit le prendre à la légère ou avec un certain recul (= distance). Dans le cas d’un texte, d’une blague ou d’un message en général, il faut savoir parfois lire entre les lignes ou y deviner une seconde intention, de l’humour, de l’ironie.

On dit d’une personne qui manque d’humour qu’elle prend tout au premier degré parce qu’elle croit tout ce qu’on lui dit ou parce qu’elle se vexe facilement.

le chat

On se réfère au troisième degré lorsqu’on se réfère au surréalisme, à l’absurde et au décalé. Les Monty Pythons sont un des exemples les plus évidents d’humour décalé.

Pour terminer cet article, je joins ce forum sur lequel plusieurs personnes proposent leurs définitions de second degré.

http://forum.wordreference.com/showthread.php?t=1047356

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