L’expression du jour : remuer le couteau dans la plaie

Cette expression, visuellement désagréable, signifie qu’on accentue la douleur morale d’autrui en évoquant un souvenir desagéable pour cette personne.

Pour trouver l’origine de cette expression, il suffit de s’imaginer la douleur physique insupportable de la personne à qui l’on remuerait un couteau dans une plaie (au sens littéral du terme). L’expression s’est peu à peu éloignée de son sens propre et le couteau ne réveille plus une douleur physique mais bien morale.

Exemple : “Il prenait un malin plaisir à remettre sur le tapis (= ressortir) ces affaires. Il ne faisait que remuer le couteau dans la plaie.”
Cela signifie qu’en évoquant ce souvenir, la personne en question nous fait souffrir ou qu’elle ravive des douleurs (morales) enfouies et pas encore “cicatrisées”.

Je rappelle qu’une plaie est une ouverture de la chair avant la cicatrisation.
Pour en savoir plus sur tous les types de blessures et douleurs, je joins un lien à cet article publié il y a plusieurs mois :

https://labaguettechezlepaamboli.wordpress.com/2012/04/10/se-faire-mal-petits-et-gros-bobos/

L’expression du jour est à rapprocher de l’expression en remettre une couche même si celle-ci est plus générique.

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Le verbe du jour : clocher

On utilise le verbe clocher pour parler d’une chose qui :
– n’est pas claire
– ne tourne pas rond
– ne va pas bien
– ne fonctionne pas

Si vous dites qu’une histoire cloche c’est parce qu’elle vous semble saugrenue ou abracadabrante ou parce qu’il vous semble que certains détails de l’histoire vous échappent …

On utilise généralement le verbe clocher de manière impersonnelle : “Ça cloche.” / “Il y a quelque chose qui cloche.”
On utilise très rarement ce verbe avec un groupe nominal sujet. On préfère dire qu'”il y a quelque chose qui cloche dans l’ordinateur” que “l’ordinateur cloche”.
D’autre part, on ne l’utilise jamais dans le cas d’une personne. On ne dit pas “ton ami cloche” !

Le verbe clocher vient du latin claudicare qui signifie boiter. En effet, lorsqu’on ressent une forte douleur à la jambe, on boite, on marche de travers parce que la douleur nous empêche de marcher correctement. D’une certaine façon, une histoire qui cloche est aussi un peu “boiteuse” parce qu’elle va de travers ! Il semblerait d’ailleurs que le mot clochard ait la même étymologie.

1312266-Jacques_Callot_le_Boiteux

Enfin, je tiens à préciser que la cloche de l’église a une tout autre origine que notre verbe du jour. Pour en savoir plus : http://www.chilton.com/paq/archive/PAQ-00-208.html.

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C’est à prendre au premier ou au deuxième degré ?

Prendre une blague, une remarque ou un message au premier degré signifie qu’on doit l’appliquer de manière stricte et qu’on doit le prendre au pied de la lettre. Si un message doit être pris au premier degré, c’est parce qu’il ne donne lieu à aucune interprétation. Il ne faut donc ni chercher midi à quatorze heures, ni essayer de lire entre les lignes. On se contente donc d’appliquer ce qui est écrit !

Au contraire, on doit prendre un message au second degré lorsqu’on doit le prendre à la légère ou avec un certain recul (= distance). Dans le cas d’un texte, d’une blague ou d’un message en général, il faut savoir parfois lire entre les lignes ou y deviner une seconde intention, de l’humour, de l’ironie.

On dit d’une personne qui manque d’humour qu’elle prend tout au premier degré parce qu’elle croit tout ce qu’on lui dit ou parce qu’elle se vexe facilement.

le chat

On se réfère au troisième degré lorsqu’on se réfère au surréalisme, à l’absurde et au décalé. Les Monty Pythons sont un des exemples les plus évidents d’humour décalé.

Pour terminer cet article, je joins ce forum sur lequel plusieurs personnes proposent leurs définitions de second degré.

http://forum.wordreference.com/showthread.php?t=1047356

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Dialogue de sourds #1 : l’Espagne et la corrida

Conversation à trois … et en deux langues :

L’oncle : « Je suis allé plusieurs fois à la corrida en Espagne. »

Moi : « Ah oui, je ne savais pas. »

Ma femme (s’adresse à moi): « ¿Qué dice tu tío? ¿Que ha ido a los toros en España? » [Qu’est-ce que ton oncle a dit ? Qu’il est allé voir une corrida en Espagne ?]

Moi : « Sí. Parece que le gustan las corridas. » [Oui. Visiblement, il aime la corrida.]

Ma femme : « Vale. Pero que no piense tu tío que es algo habitual en España. » [D’accord mais qu’il n’aille pas penser que c’est une chose habituelle en Espagne.]

Moi (m’adressant à l’oncle) : « Elle dit que ce n’est pas quelque chose que les Espagnols font tous les jours. »

L’oncle (comme s’il n’avait pas entendu ce que je venais de dire) : « D’ailleurs, on est allés aux arènes de … comment elles s’appellent ces arènes, à Madrid ? »

Moi : « Ventas. »

L’oncle : « Oui, c’est ça. Ventas. »

Ma femme (s’adresse à moi): « Pero dile que conozco a muchos madrileños que nunca han ido a los toros. » [Dis-lui que je connais beaucoup de madrilènes qui n’y sont jamais allés.]

L’oncle (qui a compris ma femme) : « Ah oui mais c’était plein ce jour-là. Les arènes étaient pleines, les bars et restaurants dans les rues avoisinantes étaient aussi pleins. Si je me souviens bien, c’était en mai. »

Moi (m’adressant à ma femme) : « Dice que estaba lleno. Fueron en mayo.» [Il dit que c’était plein. C’était au mois de mai.]

Ma femme : « Claro. En mayo está lleno porque es la San Isidro. Va gente de toda España y muchos turistas. » [En mai, c’est plein pour les fêtes de San Isidro. Il y a des personnes de toute l’Espagne et beaucoup de touristes.]

L’oncle (qui a compris mais qui continue) : « C’était super. On fumait le cigare dans les arènes. L’ambiance aussi, c’était génial. »

arènes de ventas

Etc, etc, etc, … À un moment donné, j’ai bien cru qu’elle allait lui demander si par hasard, tous les Français portaient un béret en hiver mais elle ne l’a pas fait.

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L’expression du jour : (ne pas) avoir la science infuse + exprimer le savoir

L’adjectif infus se réfère à tout ce qui se possède naturellement, au savoir qui s’acquiert sans avoir besoin d’apprendre.

En théologie, la science infuse est transmise à Adam par Dieu.

adam_michelange

Cette expression peut traduire une certaine ironie. On dit d’un je-sais-tout (est-ce nécessaire d’expliquer cette expression qui parle d’elle-même ?) qu’il a la science infuse car il connaît tout (ou du moins, il en donne l’impression) sans avoir étudié le sujet. Ce qui n’est pas le cas d’un docteur ès sciences par exemple : https://labaguettechezlepaamboli.wordpress.com/2012/02/01/lexpression-du-jour-docteur-es-sciences/

Ironique à la forme affirmative, l’expression peut révéler un certain agacement lorsqu’on l’utilise à la forme négative :

– Oui, bon, ton frère n’a pas la science infuse ! ( = il ne sait pas tout et il ferait mieux de se mêler de ses affaires !)

Pour terminer, voici quelques expressions qui ne contiennent aucune trace d’ironie. On peut bien exprimer son admiration pour une personne cultivée sans se moquer d’elle, n’est-ce pas ?

– être un puits de science = une personne cultivée, érudite dans un ou plusieurs domaines (et pas nécessairement en science !).
– être une tête (familier) = une personne très intelligente
– être incollable = tout savoir. En effet, coller quelqu’un ou poser une colle à quelqu’un signifie poser une question difficile.
– être un intello (diminutif de intellectuel)

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L’expression du jour : être poussé dans ses retranchements

Dans un contexte militaire, le verbe se retrancher signifie se cacher, s’abriter de l’ennemi.

On fait facilement (à tort !) l’amalgame entre ce verbe et un autre terme militaire : la tranchée. Or, s’il est vrai que la tranchée, ce “couloir” long et étroit creusé dans le sol pour s’y dissimuler ou attendre l’ennemi servait aussi à se retrancher – pour la petite histoire, je rappelle que la deuxième étape de la Première Guerre Mondiale est aussi appelée “guerre de tranchées” (http://www2.csdm.qc.ca/lpage/coinprof/colloque/SitePGM/rubrique2/2EPHASE.HTM) – le retranchement pouvait se faire dans n’importe quel type d’abri ou de cachette. Une muraille par exemple.

Être poussé dans ses retranchements, c’est être acculé (acculer c’est mettre sur le reculoir, obliger l’autre à reculer), être mis à l’épreuve (à rude épreuve).

se cacher

Afin de mieux comprendre notre expression du jour dans un contexte non-militaire, j’ai trouvé dans ce forum http://forum.wordreference.com/showthread.php?t=1853096 deux exemples :

1) Une personne vous pousse dans vos derniers retranchements lorsqu’elle vous pousse à bout.
2) Un sportif est poussé dans ses retranchements quand il doit puiser dans ses réserves.

Pour les hispanophones, j’ai trouvé sur le même forum quelques traductions convaincantes :

– acorralar
– poner contra las cuerdas
– llevar al límite

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Le pain dans les expressions courantes

Dans cet article (en anglais) http://parisjetaime12.wordpress.com/2013/06/10/les-francais-et-leur-pain/, l’auteure du blog http://parisjetaime12.wordpress.com/ parle de l’importance du pain dans la culture française et preuve de cela, la grande quantité d’expressions courantes qui contiennent le mot pain.

On remarque d’ailleurs que la plupart de ces expressions ont trait à la richesse ou à la pauvreté, le pain permettant souvent d’évaluer la santé économique d’une personne ou d’un foyer.
Par exemple, le pain blanc est toujours synonyme de bonne santé économique alors que le pain sec est toujours associé aux périodes de vaches maigres …

pains

Comme l’article est en anglais, je me permets de donner une courte définition des expressions les plus courantes évoquées par l’auteure :

Ça ne mange pas de pain = Ça ne demande pas beaucoup d’efforts
Avoir du pain sur la planche = avoir beaucoup de choses à faire
Mettre un pain (langage familier) = Donner un coup de poing
Ça se vend comme des petits pains = Ça se vend bien
Être au pain sec et à l’eau = Se nourrir peu, soit par pénitence, soit parce qu’on a été puni

Vous trouverez d’autres expressions et proverbes “à base de pain” sur la page dont voici le lien :
http://www.wetterenoise.be/fr/pain/mots/francais.html

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