Quatre générations sous un même toit de Lao She

Profitant des vacances de Noël, je me suis plongé dans la lecture du premier tome de Quatre générations sous un même toit de Lao She. À vrai dire, cela fait plusieurs années que le livre était dans ma pile de livres en attente mais je ne sais pas pourquoi je l’ai longtemps laissé pour plus tard, peut-être était-ce dû à la taille du livre (plus de 700 pages en livre de poche !) ou peut-être que je ne trouvais pas le bon moment tout simplement !

Lao She, auteur peu connu en France, est un des auteurs chinois les plus importants du vingtième siècle. Pour en savoir plus sur lui :

https://actualitte.com/article/29861/archives/lao-she-de-l-ecriture-patriotique-a-la-victime-de-la-revolution-culturelle

Quatre générations sous un même toit, c’est l’histoire d’une petite ruelle dans le vieux Pékin sous occupation japonaise pendant l’année 1937.

L’attente est longue pour les Pékinois qui se sentent humiliés et touchés dans leur amour-propre mais qui ne savent pas vraiment à quoi s’attendre : les Japonais n’attaquent pas mais ils sont là, bien présents à la vue de tous, déambulant dans la ville, donnant des ordres mais personne ne sait combien de temps ils vont rester, ni quelles seront les conséquences de leur présence (resteront-ils Pékinois, les vivres commenceront-elles à manquer, les Japonais vont-ils relâcher leur emprise, etc…) Dans la maison des Qi, quatre générations vivent tant bien que mal cette attente et ce quotidien incertain, adoptant chacun, chacune, une attitude propre face à la présence ennemie.

Dans les autres maisons de la ruelle de la famille Qi, les attitudes et les réactions face à l’occupant divergent :

  • Certains vont au front pour lutter contre les Japonais quitte à laisser leur vie pour la Chine. Pour rejoindre le front et se joindre au combat, ils doivent trouver un moyen pour sortir de Pékin et éviter les contrôles autour de la ville.
  • D’autres (la majorité) attendent que la situation se décante et s’arrange mais ne veulent ni ne peuvent abondonner Pékin. Ils attendent avec impatience et fébrilité les nouvelles d’autres batailles menées dans d’autres villes (notamment de Nankin) et essaient tant bien que mal de vivre au jour le jour.
  • Enfin, d’autres (une famille de la ruelle en particulier) décident de profiter de cette situation pour en tirer un profit personnel et essaient par tous les moyens d’approcher les Japonais ou les Pékinois les plus influents afin d’obtenir un poste dans l’administration, pensant ainsi être épargnés voire récompensés.

CONCLUSION :

J’ai adoré ce premier tome et j’ai hâte de lire les deux autres. On tourne les pages sans aucun effort et on ne s’ennuie jamais, les personnages sont attachants ou horripilants et l’éventail de leurs attitudes nous présente l’être humain dans toute sa complexité et sa diversité : courageux, fier, passif, peureux, pragmatique, mesquin ou splendide, dans toute sa grandeur ou à l’inverse, sa bassesse. Le thème de la résistance à l’ennemi ou de la collaboration est un thème universel qui parle à tous et rappellera de nombreux épisodes de notre histoire universelle.

Je trouve aussi que ce roman est un très bon moyen d’en apprendre plus sur l’histoire de la Chine et de ses relations parfois compliquées avec le Japon et nous invite à en savoir plus.

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