Akira Mizubayashi et le langage familier

Un jeune Japonais tombe amoureux de la langue française au point qu’il prend la décision de quitter son pays et de partir à l’aventure. Étudiant sérieux, appliqué et totalement plongé dans l’étude de la langue de Molière, il atteint un niveau de maîtrise parfaite du français … Sauf que le langage familier et certaines tournures propres au langage parlé lui résistent encore.

Il a par exemple énormément de mal à employer les tournures affectives précédées du possessif : “mon chéri”, “ma puce”, “ma biche” (très utilisées en français et d’une immense varitété mais qui n’existent pas en japonais) et même si l’argot le passionne et qu’il adore la sonorité de certaines expressions argotiques, lui, étudiant studieux, ne parvient pas à se les approprier totalement.

Est-ce que, dans le cas de cet écrivain, on peut parler de limites (dans son cas, c’est assez osé de parler de “limites”) ou de différences culturelles tellement importantes qu’elles sont insurmontables ? Selon lui, ce serait plutôt une décision propre, c’est-à-dire qu’il a volontairement décidé de rester en marge de l’argot, de ne pas y toucher (l’argot, c’est pour les natifs !).

Le cas de Mizubayashi et la lecture de son roman “Une langue venue d’ailleurs” (lecture passionnante) m’ont aussi amené à me demander si l’utilisation courante et surtout adéquate des familiarités de la langue démontrent une maîtrise supérieure de cette langue ou s’il y avait tout simplement des personnes plus aptes à les utiliser rapidement et au bon moment ?

Il faut néanmoins être prudent avec l’utilisation de ces familiarités qui peuvent être une arme à double tranchant. Si elles sont utilisées au bon moment, on impressionne mais si au contraire, on se rate, on devient vite grossiers, maladroits ou même parfois ridicules.

invectives capitaine haddock

En utilisant ce langage, on cherche à éviter un langage trop ampoulé, trop figé qui peut fatiguer le locuteur natif alors qu’on cherche justement l’inverse quand on vit dans un autre pays : on cherche à s’adapter et à démontrer aux natifs qu’on est parfaitement capables de saisir les nuances de sens et les différences de registres de langues propres à chaque langue.

 

 

 

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