L’humour en cours de FLE…

Nous tendons toujours à penser que ce qui nous plaît doit nécessairement plaire aux autres. En particulier à nos élèves…
Par cette même logique, nous pensons que ce qui nous fait rire produira forcément le même effet sur eux.

Avant de proposer un sketch ou une séquence comique en cours de FLE, nous devons d’abord nous pencher sur ce qui le caractérise.

Un sketch humoristique est une excellente manière d’aborder l’interculturel en cours, d’en apprendre plus sur une société, sur le sens de l’humour propre à un pays, voire à une région. Les humoristes sont un reflet de la société dans laquelle ils vivent. Ils nous amusent parce qu’on se retrouve en eux.

En contrepartie, comme un sketch est fortement ancré culturellement, cela signifie qu’en tant que professeur, nous devrons procéder à une préparation, un travail préalable de contextualisation. Un bon exemple est la référence à des personnages célèbres. Ils peuvent faire partie du patrimoine culturel d’un pays tout en étant de parfaits inconnus dans le pays voisin. Une parodie ne fait rire que si l’on connaît la personne parodiée. Il m’arrive la même chose en Espagne lorsque des humoristes font référence à des personnes célèbres que je n’ai pas connues. C’est comme lorsque vous êtes assis à une table où tout le monde parle avec effusion et enthousiasme d’une personne que vous seul(e) ne connaissez pas.
S’acclimater au patrimoine culturel d’un pays est un processus très long qui demande généralement de passer beaucoup de temps dans le pays et de faire preuve d’une vraie volonté d’adaptation à la culture de ce pays (j’utilise ici le mot culture dans son sens le plus large).

Observons maintenant l’humour du point de vue du langage et de son utilisation.
Une fois encore, nous avons des choix à faire en tant que professeur.
En effet, si beaucoup d’humoristes jouent sur les effets du langage, sont de grands adeptes des jeux de mots (en France, Raymond Devos par exemple), ce qui constitue un exercice intéressant d’appropriation du lexique, il faut savoir être prudent. L’humour se base très souvent sur le double sens, l’utilisation des mots et des expressions dans un contexte détourné et il est toujours difficile de savoir à quel moment on peut l’inclure dans l’apprentissage de l’élève sans l’induire en erreur.
D’autre part, le vocabulaire est tellement contextualisé (il est utilisé dans une situation “exceptionnelle” et non pas courante) qu’il est difficile pour l’élève de savoir à quel moment le réutiliser. C’est le cas par exemple du désormais célèbre “cela ne nous… regarde pas!” des Inconnus qui prend tout son sens dans le contexte du sketch.

Bref, je dirais tout simplement que l’utilisation du sketch humoristique en cours de FLE est un exercice à double tranchant. Enrichissant et instructif s’il est accompagné d’une préparation et s’il est remis dans son contexte, il peut vite se révéler contre-productif si on laisse l’élève seul et sans outil pour le comprendre.

Je ne résiste pas à l’envie de joindre à cet article le sketch des Inconnus cité précédemment:

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