Portsmouth : première rencontre avec l’Angleterre

Les premières fois laissent toujours de forts souvenirs.
Ma première rencontre avec l’Angleterre n’échappe pas à l’exception. Je l’attendais avec tant d’impatience…

Était-ce parce que la musique britannique m’accompagnait depuis de nombreuses années, parce que les magazines auxquels j’étais abonné vouaient un culte à tout ce qui était estampillé “British”, parce que je suivais les exploits de Cantona et de Thierry Henry portés par des foules en délire ou parce que le cinéma britannique me produisait une très forte impression? Toujours est-il qu’avant même d’y être allé, un lien très fort s’était peu à peu noué entre moi et ce pays…

Comme toutes les premières fois, tout ne fut pas parfait. Je devais quand même encadrer une “horde” d’une trentaine d’adolescents bruyants et régler les petits litiges entre eux et leurs familles d’accueil. Et jouer au grand frère, trouver les paroles rassurantes à celle dont le petit ami lui manque, à celui qui ne mange pas à sa faim et qui doit se lever en pleine nuit pour se rassasier en cachette, à celle dont la mère d’accueil rentre très tard le soir, etc… Malgré tous ces petits tracas quotidiens et en fin de compte prévisibles, la première rencontre fut telle que je l’avais imaginée, à la hauteur de mes espérances.

J’étais conquis. Je ne recherchais pas la beauté “matérielle” du lieu. Je me délectais tout autant des exclamations distinguées et parfois forcées de ma “charming” famille d’accueil qui résidait dans le quartier le plus aisé de la ville (Le Old Portsmouth) que de l’accent fermé et bien souvent incompréhensible et des gestes bruts des résidents des quartiers ouvriers que je côtoyais lorsque je raccompagnais un jeune chez lui. Je ne jugeais pas puisque je recherchais tout à la fois. J’étais sous le charme de cette langue prononcée avec tant de variétés même si j´étais bien loin de tout en saisir. Je me contentais de joies simples: regarder les navires s’éloigner du port et disparaître au loin pour des destinations inconnues, fouler ces immenses pelouses vertes, respirer l’air de la Manche et m’y baigner (je dirais plutôt y tremper les pieds!), déambuler le long de ces grandes avenues bordées d’arbres où s’alignent ces maisons à deux étages absolument identiques entre elles , passer devant ces pubs bruyants d’où sortaient des voix rauques et où, afin de sentir cette chaleur humaine de plus près, j’entrais à mon tour.

Avec le recul, je ne regrette pas d’avoir dû patienter avant cette première fois. Je dirais même qu’elle est arrivée au bon moment puisque je me sentais totalement ouvert à cette rencontre et prêt à en graver les moindres détails.
Avec le temps, cette passion s’est quelque peu dissipée, faisant place à davantage de lucidité, mais elle ne s’est jamais éteinte. Et lorsque plus tard j’eus l’occasion de retourner en Angleterre, j’ai immédiatement retrouvé cette essence que j’étais venu chercher lors de cette première rencontre…

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