On ne badine pas avec le football… (extrait de Souvenirs et anecdotes)

Non, on ne prend pas le football à la légère en Espagne. C’est ce que j’appris à mes dépens un soir d’avril 2005. J’écoutais la retransmission d’un match Lyon-Madrid à la radio, confortablement installé dans ma chambre. Comme la fin du match approchait, que la victoire lyonnaise se profilait et que nous n’avions pas Canal+ à la maison, j’eus l’idée saugrenue d’aller voir cette fin de match dans un bar situé à deux pas de chez moi. Me voyant débouler hors de ma chambre, mon colocataire me demanda où j’avais l’intention d’aller. Quand je lui répondis où j’allais, j’observai une légère moue sur son visage. Après coup, je crois qu’il s’était dit : « Bizarre ce français, Il aime les emmerdes! », ce qui, traduit en espagnol, donnerait : « Este gabacho se está metiendo en un buen lío! ».

Me voilà donc dans la rue, tout sourire, me dirigeant vers le bar le plus « authentique » du quartier. Ceux que j’ai toujours adorés. Le patron porte le torchon à l’épaule, le comptoir est plein de bière dans les verres mais aussi à côté, ça sent bon le sandwich de chorizo et de morcilla (boudin). Bref, je suis dans mon élément. Ce soir d’avril, j’essayai donc de me frayer un chemin parmi les clients madridistes (pour ceux qui ne le savent pas, c’est le nom des supporters du Real Madrid) agglutinés devant le petit écran. Malgré quelques difficultés, j’y parvins. Un coup d’œil rapide au chrono, il reste dix minutes à jouer. Lyon domine la fin de la rencontre et rate une occasion immanquable. Et là, pris d’un élan de spontanéité mélangée à de l’énervement (je m’énervais encore pour le football à cette époque), je frappai le comptoir du poing. Discrètement mais dans un bar de cette taille, rien n’est discret. Silence de plomb, tout le monde se tait et me fixe d’un regard sombre et menaçant. En repensant à ce moment, je crois que plusieurs options ont dû traverser les esprits de ces gens. Ils ont dû penser que j’étais soit complètement idiot et que ça ne valait pas la peine de s’en prendre à un pauvre français idiot, soit que j’étais un provocateur professionnel qui venait chercher les embrouilles et la bagarre. Mais comme personne ne serait assez stupide pour vouloir se bagarrer avec une horde de supporters madridistes en colère, ils ont rapidement penché pour la première option et m’ont généreusement laissé rentrer chez moi sans plus de mal. Après ce moment de malaise, la leçon était définitivement retenue et assimilée: on ne badine pas avec le football!

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