Boris Vian et ses histoires courtes

Quand on pense à Boris Vian, on pense immédiatement à son roman le plus célèbre L’écume des jours. Même si j’adore ce roman, il faut bien admettre qu’il est loin d’être le plus accessible. Emporté par mon enthousiasme, j’en avais recommandé la lecture à des étudiantes d’un très bon niveau mais sans parvenir à les convaincre . Elles trouvaient le roman farfelu, sans queue ni tête. Et des passages comme celui de la chambre à coucher tapissée de nénuphars qui rétrécit au fur et à mesure que l’état de la malade allitée empire n’avait rien arrangé à l’affaire…

À bien y réfléchir, si je devais recommander du Boris Vian à des élèves, je leur conseillerais plutôt de commencer par les histoires courtes…
Pourquoi ? Tout d’abord Parce qu’elles sont courtes mais surtout parce qu’elles sont plutôt faciles à lire, parce qu’elles n’ont pas pris une ride et parce que si vous aimez le jazz, les grands auteurs américains du XXème siècle (on sent l’influence de Steinbeck, Hemingway, Fitzgerald, Dos Passos,…) avec une pointe de provocation et de décadence, vous allez y trouver votre bonheur.

Personnage polémique et polyvalent, Boris Vian est aussi connu pour ses talents d’écrivan que pour ceux de trompettiste. En 1954, il interprète l'”hymne” antimilitariste “Le déserteur”, chanson écrite après la défaite de la France dans la guerre d’Indochine.

S’inspirant du sulfureux “Tropique du Cancer” de Henry Miller, “J’irai cracher sur vos tombes” fait grand bruit lors de sa parution dans les cercles littéraires parisiens.

Des années durant, Boris Vian fit croire au milieu littéraire et journalistique de l’époque que ce livre était l’oeuvre d’un écrivain américain du nom de Vernon Sullivan (personnage inventé de toutes pièces par Boris Vian !). En 1948, pensant être protégé par la loi d’amnistie de 1947, il finit par reconnaître qu’il était le véritable auteur de ce livre mais dut malgré tout payer de fortes indemnités avant de voir son livre interdit à la vente en raison de son contenu violent et “pornographique” (nous devons bien évidemment le comprendre ici selon les critères de l’époque !).

Cette condamnation constitua d’ailleurs le début du déclin de Boris Vian qui mourut à 39 ans lors de la projection de l’adaptation de “J’irai cracher sur vos tombes” (à laquelle il s’était d’ailleurs fortement opposé).

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